Le photovoltaique au sol attire de plus en plus de particuliers, d’exploitants agricoles et de porteurs de projets territoriaux. Cette solution permet de produire de l’électricité solaire sans dépendre d’une toiture, avec une grande liberté sur l’orientation, l’inclinaison et le dimensionnement. Elle répond aussi à des cas très concrets, toiture mal exposée, charpente inadaptée, besoin de modules supplémentaires ou valorisation d’un terrain peu exploitable.
Le sujet mérite toutefois d’être traité avec méthode. Prix, rendement, surface nécessaire, supports, raccordement et règles d’urbanisme varient selon qu’il s’agit d’un petit kit dans un jardin ou d’une centrale sur plusieurs hectares. Le solaire au sol s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire plus exigeant, marqué par la loi APER du 10 mars 2023, le décret du 8 avril 2024 pour les terrains agricoles, naturels et forestiers, ainsi que les objectifs de sobriété foncière et de ZAN 2050.
En France, le solaire représentait 4,52 % du mix énergétique en 2023 selon Enerparc, soit deux fois plus qu’en 2019. La capacité installée du photovoltaïque au sol atteignait 22,2 GW en juin 2024, preuve que cette filière prend une place durable dans le paysage énergétique. Pour un projet réussi, il faut distinguer les usages domestiques des projets de centrales, puis arbitrer entre simplicité d’installation, rentabilité réelle et cadre réglementaire.
Photovoltaique au sol : de quoi parle-t-on exactement ?
Le photovoltaique au sol désigne une installation de panneaux solaires posés directement sur le terrain, grâce à une structure dédiée, au lieu d’être intégrés ou fixés sur une toiture. Le principe de fonctionnement reste le même qu’en toiture, les cellules photovoltaïques transforment le rayonnement solaire en électricité, ensuite utilisée sur place, stockée selon les équipements, ou injectée dans le réseau selon le montage retenu.
Cette solution couvre des réalités très différentes :
- le petit kit au sol pour particulier, installé dans un jardin, sur une terrasse ou un terrain attenant à l’habitation ;
- l’installation résidentielle pérenne, raccordée au tableau électrique de la maison ;
- les projets agricoles, parfois dans une logique d’agrivoltaïsme ;
- les centrales photovoltaïques au sol, déployées sur friches, terrains dégradés, anciennes carrières, zones artisanales ou sites pollués.
On distingue aussi plusieurs typologies techniques :
- les centrales fixes, avec panneaux orientés pour capter au mieux l’ensoleillement, souvent vers le sud ;
- les centrales dynamiques, équipées de trackers qui suivent la course du soleil ;
- les installations flottantes, qui relèvent d’un autre mode de déploiement du photovoltaïque, mais appartiennent à la même logique d’exploitation d’espaces non bâtis.
Le principal intérêt du solaire au sol tient à sa souplesse. Quand un toit présente des ombrages, une pente défavorable, des contraintes techniques ou administratives lourdes, la pose au sol devient une alternative crédible. Dans bien des cas, elle permet même d’obtenir une production égale ou supérieure à celle d’une installation sur toiture, car l’orientation et l’inclinaison peuvent être choisies plus librement.
Pourquoi choisir un photovoltaique au sol
Le choix d’un photovoltaique au sol repose souvent sur des raisons très pratiques. L’installation est plus accessible, le chantier est généralement plus simple, l’entretien est plus confortable et la configuration peut être optimisée sans composer avec les limites du bâti.
Les avantages les plus fréquents sont les suivants :
- pas de travail en toiture, donc moins de complexité de pose ;
- orientation et inclinaison modulables, sans dépendre de la pente du toit ;
- maintenance facilitée, avec un accès direct aux panneaux ;
- nettoyage plus simple, sans intervention en hauteur ;
- possibilité d’ajouter plus de modules si la surface disponible le permet ;
- solution adaptée aux toitures défavorables, anciennes, ombragées ou mal orientées ;
- mise en œuvre parfois rapide, certains supports se montent en quelques heures ;
- kits accessibles, parfois sans outillage spécifique et avec branchement sur prise protégée par disjoncteur dans certains cas.
Pour les particuliers, l’intérêt se concentre souvent sur l’autoconsommation. Une petite installation au sol peut couvrir une partie des consommations diurnes, réduire la facture d’électricité et offrir une première marche vers une production locale. Pour les porteurs de projets plus vastes, le solaire au sol sert aussi à valoriser des terrains peu productifs ou difficilement exploitables.
À l’échelle nationale, cette technologie joue un rôle croissant dans la stratégie énergétique. Les centrales photovoltaïques au sol, associées aux grandes toitures, représentent environ la moitié de la puissance solaire totale en France. La PPE 3 évoque une répartition future comprenant 10,0 % de petites installations au sol et 24,5 % de grandes installations au sol, dont l’agrivoltaïsme.
Quels sont les inconvénients d’un photovoltaique au sol ?
Le solaire au sol ne cumule pas que des points forts. Son premier défaut reste l’emprise au sol. Dans un jardin, quelques panneaux peuvent vite réduire l’espace disponible pour les jeux, la détente, une piscine ou un coin repas. L’installation devient aussi plus exposée aux risques du quotidien, ballon, projections, passage d’enfants, animaux ou chocs accidentels.
D’autres limites méritent d’être intégrées dès le départ :
- retour sur investissement parfois plus long qu’une installation de toiture ;
- aides publiques limitées pour certains kits de particuliers ;
- revente du surplus pas toujours possible selon le type d’installation, notamment pour certains kits au sol ;
- forte dépendance à la qualité du terrain, sans ombre et sans obstacles ;
- intégration paysagère à anticiper ;
- contraintes réglementaires variables selon la puissance, la hauteur et la localisation.
Pour les grandes centrales, la question change d’échelle. Le photovoltaïque au sol mobilise du foncier et peut exercer des pressions sur la biodiversité selon les sites. C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics encouragent d’abord le déploiement sur les terrains artificialisés ou dégradés, plutôt que sur les espaces naturels ou agricoles à fort enjeu.
Peut-on installer des panneaux solaires au sol dans son jardin ?
Installer des panneaux solaires au sol dans un jardin est tout à fait possible, à condition de disposer d’un espace adapté et de vérifier les règles locales. Pour un particulier, le projet prend souvent la forme d’un kit de deux à quatre modules, ou d’une installation fixe raccordée à l’habitation. La faisabilité dépend alors moins du principe technique que de la qualité de l’emplacement, de l’usage du jardin et du cadre administratif applicable.
Le jardin reste un bon support quand la toiture ne convient pas. Il permet de choisir l’exposition, de placer les panneaux hors des zones d’ombre et d’intervenir facilement pour l’entretien. Cette liberté a une contrepartie, la surface disponible doit être réellement compatible avec la vie quotidienne sur la parcelle.
Quel emplacement choisir dans un jardin ou sur un terrain
Le bon emplacement est un facteur décisif de performance. Les panneaux doivent être placés dans une zone bien dégagée, à l’écart des arbres, murs, haies, bâtiments annexes ou tout autre obstacle générant de l’ombre. Une partie de la production peut être perdue dès qu’un ombrage régulier touche les modules à certaines heures de la journée.
Un terrain favorable présente plusieurs qualités :

- une bonne exposition au soleil sur la majeure partie de la journée ;
- une distance suffisante avec les arbres, y compris en tenant compte de leur croissance ;
- un sol stable pour accueillir le support ;
- un accès pratique pour le montage, le nettoyage et la maintenance ;
- une implantation cohérente avec les usages du jardin.
Pour les projets de plus grande ampleur, les terrains privilégiés sont souvent des friches industrielles, des sites pollués, des anciennes carrières, des terrains dégradés ou des zones artisanales. Cette logique limite les conflits d’usage et répond mieux aux exigences actuelles de sobriété foncière.
Quelle orientation et quelle inclinaison privilégier
L’un des atouts majeurs du photovoltaique au sol tient à la liberté d’orientation. Contrairement à la toiture, le terrain permet d’ajuster précisément l’angle des panneaux. La zone d’installation recommandée se situe globalement entre l’est et le sud-ouest, avec une préférence classique pour le sud lorsque l’objectif est de maximiser la production annuelle.
L’inclinaison doit être choisie en fonction du profil de consommation, de l’environnement et du support utilisé. Une inclinaison bien réglée améliore la captation solaire, favorise l’écoulement de l’eau de pluie et limite l’encrassement. Le gain par rapport à une toiture peut être réel quand celle-ci cumule mauvaise pente, orientation imparfaite ou ombres portées.
Les trackers photovoltaïques poussent cette logique plus loin. Ils suivent la course du soleil et permettent d’augmenter la production, mais leur coût, leur complexité et leur intérêt économique doivent être étudiés au cas par cas.
Quelle surface faut-il pour un photovoltaique au sol ?
La surface nécessaire dépend du nombre de panneaux, de leur puissance unitaire, des espacements entre rangées et du support choisi. Pour un petit projet résidentiel de deux à quatre modules, l’emprise reste modérée. À l’inverse, une centrale au sol peut couvrir plusieurs hectares et atteindre plusieurs dizaines de MWc.
À l’échelle d’un jardin, il faut prévoir non seulement la place des panneaux, mais aussi :
- le recul pour éviter les ombres entre modules ;
- l’accès de maintenance ;
- le coffret de protection et les passages de câbles ;
- la cohabitation avec les autres usages extérieurs.
Le plus utile reste de partir des besoins électriques réels, puis de vérifier si le terrain peut accueillir la puissance visée sans dégrader la qualité d’usage de la parcelle. Cette méthode évite de surdimensionner le projet et protège sa rentabilité.
| Type de projet | Puissance indicative | Usage principal | Emprise au sol |
|---|---|---|---|
| Kit jardin | Jusqu’à 3 kWc | Autoconsommation partielle | Faible à modérée |
| Installation résidentielle fixe | 3 à 9 kWc | Autoconsommation de la maison | Modérée |
| Projet agricole ou petite centrale | De quelques dizaines de kWc à moins de 1 MWc | Production locale ou valorisation foncière | Importante |
| Centrale photovoltaïque au sol | Plus de 1 MWc | Production d’électricité à grande échelle | Très importante, souvent plusieurs hectares |
Quels supports utiliser pour poser les panneaux au sol
Plusieurs solutions existent pour poser des panneaux photovoltaïques au sol. Le choix dépend du budget, de la durabilité recherchée, de la facilité de montage et de la nature du terrain.
Les supports les plus courants sont :

- les fixations métalliques, robustes et répandues ;
- les structures en bois, parfois retenues pour des raisons esthétiques ou de simplicité ;
- les bacs ou supports prêts à poser, adaptés aux petits kits ;
- les systèmes lestés, utilisant par exemple pierre, sable ou béton.
Parmi les solutions souvent citées, le bac plastique Rénusol est annoncé autour de 100 €. Il est apprécié pour sa mise en œuvre simple, avec peu d’outillage et parfois une seule personne pour l’installation. Des barres de fixation vissées sur les panneaux, ainsi que des vis auto foreuses, complètent généralement l’assemblage selon le système retenu.
Le choix du support doit répondre à quatre critères :
- stabilité face au vent et aux intempéries ;
- compatibilité avec l’inclinaison souhaitée ;
- durabilité dans le temps ;
- facilité d’entretien et de remplacement.
Pour une installation pérenne, un support solide et bien ancré reste préférable à une solution trop légère. Un matériel simple à poser peut sembler attractif au départ, mais la tenue mécanique et la sécurité doivent rester prioritaires.
Comment fonctionne une installation photovoltaïque au sol
Une installation photovoltaïque au sol suit le même schéma qu’un système sur toiture. Les panneaux captent l’énergie solaire et produisent un courant continu. Celui-ci est ensuite converti par un onduleur pour devenir un courant alternatif compatible avec les usages domestiques ou avec l’injection réseau.
Les grandes étapes de mise en place sont généralement les suivantes :
- choix d’un emplacement bien exposé ;
- pose du support ;
- fixation des panneaux ;
- branchement des panneaux à l’onduleur ;
- connexion au coffret de protection ;
- raccordement au tableau électrique dans la plupart des installations durables.
Dans certains cas, un kit peut se brancher sur une prise, à condition que celle-ci soit protégée par un disjoncteur adapté. Ce type de solution est surtout pensé pour des usages simples en autoconsommation. Une installation plus ambitieuse passe en général par un raccordement plus complet et mieux sécurisé.
Comment dimensionner son installation selon ses besoins
Le bon dimensionnement commence par l’analyse de la consommation électrique. Une installation trop petite limite les économies. Une installation trop grande peut allonger le temps de retour si l’électricité produite n’est pas valorisée correctement.
Le calcul doit intégrer :
- la consommation annuelle du logement ou du site ;
- la part consommée en journée, déterminante pour l’autoconsommation ;
- l’ensoleillement local ;
- les ombres saisonnières ;
- la puissance unitaire des panneaux ;
- la surface réellement exploitable.
Pour un particulier, il est souvent plus judicieux de viser une autoconsommation cohérente avec les usages quotidiens que de chercher la puissance maximale possible. Conseils Thermiques présente le solaire au sol comme rentable rapidement dans le cadre d’une autoconsommation totale, ce qui souligne l’intérêt d’ajuster le projet aux besoins plutôt qu’à la seule place disponible.
Comment raccorder l’installation au réseau électrique
Le raccordement dépend du type d’installation. Un petit kit peut fonctionner avec un branchement simplifié sur prise protégée. Une installation résidentielle fixe doit généralement être reliée au tableau électrique via un coffret de protection. Pour les centrales au sol, le raccordement au réseau public implique des démarches techniques et administratives plus lourdes.
Selon les cas, il faut prévoir :
- la protection électrique du circuit ;
- le passage des câbles ;
- l’onduleur ou les micro-onduleurs ;
- les contrôles de conformité ;
- le Consuel pour certains projets ;
- la demande de raccordement auprès du gestionnaire concerné.
Pour les projets de centrale, les procédures peuvent inclure des démarches complémentaires, garanties d’origine, autorisation d’exploiter, études préalables et suivi administratif confié à un professionnel. Les délais de raccordement font souvent partie des points qui structurent le calendrier global du projet.
Quel est le prix d’une installation photovoltaique au sol ?
Le prix d’une installation photovoltaique au sol varie fortement selon la puissance, la qualité du matériel, le type de support et le mode de pose. Pour un particulier, les premiers niveaux de budget restent relativement accessibles. TotalEnergies indique un investissement de 900 € à 1 700 € pour une installation de deux ou quatre modules solaires. Ce niveau de prix concerne surtout des kits simples destinés à l’autoconsommation.
À ce coût peuvent s’ajouter :
- le support ou bac de lestage ;
- l’onduleur ou les micro-onduleurs ;
- le coffret de protection ;
- le câblage ;
- la pose par un professionnel ;
- les éventuelles démarches administratives et de raccordement.
Pour les grandes installations au sol, les logiques économiques changent totalement. Les coûts englobent le développement, la construction, l’exploitation, la maintenance et le raccordement. Dans certains montages portés par un développeur, le propriétaire du terrain n’assume pas directement ces dépenses, ce qui peut rendre le projet attractif pour valoriser une parcelle peu exploitable.
| Élément de coût | Montant indicatif | Observation |
|---|---|---|
| Kit solaire au sol 2 à 4 panneaux | 900 € à 1 700 € | Source citée, niveau particulier |
| Bac support type Rénusol | Environ 100 € | Hors panneaux et équipements électriques |
| Pose professionnelle | Variable | Dépend du site, du support et du raccordement |
| Projet de centrale au sol | Très variable | Étude spécifique selon puissance, terrain et raccordement |
Le photovoltaique au sol est-il rentable ?
La rentabilité dépend d’abord du modèle retenu. Pour un petit projet domestique, le scénario le plus solide reste l’autoconsommation, surtout si la production est consommée au fil de la journée. Dans ce cadre, le photovoltaïque au sol peut devenir intéressant assez vite, à condition d’éviter les ombrages, de limiter le surdimensionnement et de maîtriser le coût du matériel.
Le retour sur investissement peut toutefois être plus long qu’en toiture dans certains cas, notamment si l’installation nécessite un aménagement important du terrain ou si l’électricité produite n’est pas valorisée de façon optimale. L’absence de certaines aides publiques pour les kits au sol pèse aussi dans le calcul.
Pour une centrale, la rentabilité dépend d’autres paramètres :
- la ressource solaire locale ;
- le coût de raccordement ;
- la qualité juridique du foncier ;
- les contraintes environnementales ;
- les conditions d’exploitation ;
- la capacité à valoriser un terrain dégradé ou peu exploitable.
Dans une logique agrivoltaïque, la rentabilité ne se mesure pas uniquement en kilowattheures. Le projet peut aussi apporter un service utile à l’exploitation, adaptation au changement climatique, protection contre certains aléas ou amélioration du bien-être animal, à condition de respecter la définition posée par la loi APER.
Peut-on revendre l’électricité produite par un photovoltaique au sol ?
La réponse dépend du type d’installation. Pour les kits solaires au sol destinés aux particuliers, certaines sources de marché indiquent que la revente du surplus à EDF OA n’est pas possible. Cette limite change fortement l’équation économique, car la meilleure valorisation repose alors sur l’électricité consommée directement sur place.
Pour les projets plus structurés, notamment les centrales photovoltaïques au sol, la vente de l’électricité fait évidemment partie du modèle économique. Les modalités passent alors par un cadre contractuel, un raccordement adapté et des démarches administratives plus complètes.
Avant de lancer le projet, il faut donc clarifier un point simple mais décisif, l’électricité sera-t-elle consommée sur place, injectée en totalité, ou seulement partiellement injectée ? Le dimensionnement et le budget doivent être construits à partir de cette réponse.
Faut-il une autorisation pour poser des panneaux solaires au sol ?
Une autorisation peut être nécessaire pour poser des panneaux solaires au sol, mais les règles changent selon la puissance, la hauteur des structures, la localisation de la parcelle, le type de terrain et le PLU. Il faut aussi tenir compte des éventuelles protections paysagères ou patrimoniales.
Les repères de base à retenir sont les suivants :
- pour certains petits projets, la réglementation peut être allégée ;
- pas de déclaration si l’installation ne dépasse pas 3 kWc, selon l’information citée de TotalEnergies ;
- au-delà de 3 kW, une autorisation d’urbanisme est indiquée comme obligatoire par Opéra Énergie ;
- déclaration préalable pour les installations de moins de 1 MWc, selon Ferme Solaire ;
- permis de construire pour les installations de plus de 1 MWc.
Ces seuils donnent une base utile, mais ils ne remplacent pas la consultation de la mairie ou d’un professionnel. Certaines communes imposent une lecture fine du PLU, et les secteurs protégés obéissent à des règles particulières. Le guide ministériel de 2020 sur l’instruction des demandes d’autorisations pour les centrales solaires au sol a justement été conçu pour uniformiser les pratiques sur le territoire.
Dans quels cas une déclaration préalable suffit
La déclaration préalable concerne en pratique de nombreux projets de petite ou moyenne taille, sous réserve des caractéristiques exactes de l’installation et du contexte local. Les installations de puissance inférieure à 1 MWc relèvent de cette logique selon la source citée, mais le détail des obligations reste à confirmer au cas par cas avec l’administration.
Le dépôt du dossier peut être dématérialisé selon les communes. À Paris, il passe par le BASU, le Bureau accueil et service à l’usager. Les pièces demandées portent généralement sur l’implantation, les dimensions, l’aspect visuel et la localisation précise du projet.
Dans les zones sensibles, d’autres démarches peuvent s’ajouter, étude préalable, consultation patrimoniale ou prescriptions particulières liées au paysage et à l’environnement.
Quand faut-il un permis de construire
Le permis de construire devient nécessaire pour les projets les plus importants, notamment les installations de plus de 1 MWc. À ce stade, on entre souvent dans le cadre des centrales photovoltaïques au sol, avec un niveau d’instruction plus poussé.
Plusieurs procédures complémentaires peuvent alors intervenir :
- étude d’impact environnemental, nécessaire pour un projet de centrale dont la puissance crête est supérieure à 250 kWc selon l’information fournie ;
- enquête publique dans certains cas ;
- archéologie préventive ;
- raccordement ;
- Consuel ;
- autorisations d’exploiter ou autres démarches sectorielles.
Le cadre réglementaire a été renforcé récemment. La loi APER organise une planification locale des énergies renouvelables via les zones d’accélération. Le décret du 8 avril 2024 précise les conditions d’implantation sur terrains agricoles, naturels ou forestiers. Les textes du 29 décembre 2023 définissent aussi la façon dont certaines installations au sol sont prises en compte dans le calcul de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers.
Pour les projets situés sur des terrains agricoles, l’agrivoltaïsme constitue désormais un cadre spécifique. L’installation doit contribuer durablement à l’activité agricole et garantir au moins un service réel à l’exploitation, amélioration agronomique, adaptation climatique, protection contre les aléas ou bien-être animal.
Le bon réflexe consiste à traiter l’autorisation non comme une formalité, mais comme une étape de conception. Un projet techniquement performant mais mal implanté dans son environnement, ou incompatible avec le document d’urbanisme, perd vite sa viabilité. À l’inverse, un dossier cohérent sur le plan foncier, énergétique et écologique a beaucoup plus de chances d’aboutir dans de bonnes conditions.
Le photovoltaique au sol est donc une solution pertinente lorsqu’elle répond à un besoin réel, s’appuie sur un terrain bien choisi et repose sur un modèle économique clair. Pour un particulier, la priorité va à une autoconsommation bien dimensionnée, avec une implantation sans ombre et un support fiable. Pour un projet de plus grande ampleur, la valeur du site, le raccordement, la biodiversité et la réglementation deviennent centraux. C’est cette lecture globale, technique, foncière et administrative, qui fait la différence entre une installation simplement possible et un projet réellement solide sur le long terme.





